Comment facturer sans se faire arnaquer ? Partie 1 : Définir son prix :

Introduction :

Quand j’ai commencé à vendre mes prestations en tant que vidéaste, je me suis posé de nombreuses questions : comment établir un devis, fixer mes prix, envoyer une facture… J’ai regroupé ici tout ce que vous devez savoir. Sans plus attendre, entrons dans le vif du sujet !

Partie 1 : Les bases de la réflexion

Eh oui ! La fameuse question !
Combien de fois me suis-je pris la tête avec cette question…
Sous-estimer ou surestimer votre prix peut vous faire perdre un prospect.

Parlez avec lui pour comprendre son budget, son projet et ses méthodes de facturation avant de proposer un tarif. (Voir l’article sur l’entretien client)

Mais avant cela, vous devez d’abord définir et comprendre certains éléments essentiels.
Je vous parlerai des conventions du CNC et des tarifs de l’intermittence plus loin dans cet article. En attendant, voyons les bases :

  1. Apprenez à vendre la bonne unité

Ne facturez pas à l’heure, mais au projet.

Pourquoi ?
Parce que si vous travaillez à 250 euros la journée et qu’il vous faut trois jours pour produire une vidéo, vous la facturez 750 euros.

Dix ans plus tard, vos compétences en prise de vue et montage se sont nettement améliorées. Vous travaillez plus vite et obtenez un résultat encore plus qualitatif en une seule journée. Mais vous ne voulez pas facturer votre vidéo 250 euros cette fois-ci… Vous souhaitez un tarif plus juste, qui reflète réellement la valeur de votre travail.

C’est pourquoi il est essentiel de vendre la bonne unité : un pack photo ou une vidéo finale, pas du temps.

Toutefois, baser votre prix sur le temps peut être utile au début pour vous donner une idée de vos tarifs. Il faudra simplement apprendre à s’en détacher progressivement.

  1. Définissez vos dépenses

De combien avez-vous besoin pour couvrir :

  • Votre loyer, votre nourriture, vos charges, votre essence ?
  • Le coût de location du matériel si nécessaire ?

Et combien de jours pensez-vous pouvoir travailler et facturer chaque mois ?

Cette estimation vous aidera à déterminer le tarif nécessaire pour vivre de votre activité. Bien sûr, ce n’est qu’un repère : vous ne pouvez pas facturer 1 000 euros par jour si vous ne travaillez que deux jours par mois et avez besoin de 2 000 euros pour vivre. 😊

Ne facturez pas uniquement le tournage et le montage !

Beaucoup de vidéastes ne facturent que les tâches les plus visibles. Pourtant, vous passez aussi du temps en :

  • Pré-production (échanges avec le client, réunions, e-mails, modifications, déplacements, etc.).

N’oubliez pas d’inclure ces étapes dans votre devis.

💡 Astuce : Vous pouvez définir deux TJM (Taux Journalier Moyen) :

  • Un pour les particuliers
  • Un pour les entreprises

Partie 2 : Ce que l’intermittence nous apprend :

2.1 – Les bases

Le statut d’intermittent concerne les techniciens et artistes travaillant de manière temporaire et irrégulière dans le spectacle, l’audiovisuel et l’événementiel.
En tant que vidéaste, vous serez considéré comme un technicien (ex. : cadreur, monteur, opérateur drone, réalisateur).

Comment accéder au statut d’intermittent ?

Vous devez :
Accumuler 507 heures de travail sur 12 mois auprès d’employeurs déclarés dans le champ du spectacle.
⚠️ Une entreprise non déclarée dans ce champ ne pourra pas vous payer en cachet.

Vous devrez fournir des justificatifs à Pôle Emploi Scène et Image :

  • Contrats de travail
  • Bulletins de salaire
  • Attestations employeurs

Les règles des contrats d’intermittence

📌 Chaque contrat doit respecter ces normes :

  • Être un CDD d’usage : un contrat court, justifié par la nature temporaire de l’activité.
  • Rémunération en cachet : Les intermittents doivent être déclarés via une structure adaptée.
    • Le Guso est réservé aux comédiens. En tant que technicien audiovisuel, vous devez être déclaré différemment.
  • L’employeur doit vous déclarer auprès des organismes sociaux (URSSAF, Audiens).

📝 Gardez précieusement chaque cachet (bulletin de salaire et attestation employeur mensuelle – AEM) pour les transmettre à France Travail.

⚠️ Attention : Vous pouvez cumuler auto-entreprise et intermittence, mais les heures facturées en micro-entreprise ne comptent pas pour l’intermittence.

2.2 – Le prix des intermittents

Le salaire d’un intermittent peut varier considérablement en fonction de plusieurs facteurs, notamment :

  • L’expérience et les compétences : Un vidéaste débutant gagnera généralement moins qu’un professionnel expérimenté et spécialisé.
  • Le type de projet : Les tournages de publicités, clips musicaux, documentaires ou événements institutionnels offrent des rémunérations très différentes.
  • La zone géographique : Travailler à Paris ou dans une grande métropole permet souvent d’accéder à des tarifs plus élevés qu’en province.

Toutefois, au début, vous pouvez estimer le prix moyen de vos prestations en vous appuyant sur les grilles tarifaires de l’intermittence.

On voit ici que les cadreurs et les monteurs sont rémunérés entre 250 et 300 euros brut pour une journée de 7 à 8 heures de travail, soit environ 200 euros nets par jour.

💡 Conseil aux débutants auto-entrepreneurs :

Si vous débutez en tant qu’auto-entrepreneur, ne facturez jamais en dessous de 150 € par jour. Avec les charges de l’Urssaf, le coût du matériel et votre manque d’expérience initiale, fixer un tarif trop bas et vous risquez d’avoir du mal à boucler vos fins de mois. 

📈 Évolution des tarifs avec l’expérience :
Avec le temps, à mesure que vos compétences se développent, vous pourrez ajuster vos prix. Un tarif de 250 €/jour est considéré comme standard à Lyon, tandis qu’à Paris, vous pourrez atteindre 350 € ou plus. Certains vidéastes facturent même entre 500 et 800 €/jour, en fonction du type de projet et du retour sur investissement potentiel pour le client.

🔍 Si vous travaillez pour une entreprise générant des millions grâce à une publicité TV ou sur les réseaux sociaux, il est logique d’appliquer un tarif plus élevé. À l’inverse, pour un petit commerce (ex. un bar souhaitant promouvoir sa terrasse sur Instagram), les tarifs seront plus modérés (200-300 €/jour).

Le principe est simple :
Si vous facturez 1200 € pour un reel Instagram qui ne rapporte aucun bénéfice direct à votre client, il y a peu de chances qu’il accepte ce prix. En revanche, pour un e-business dont les ventes dépendent entièrement de la vidéo, vous pourrez justifier des tarifs plus élevés si vous apportez la preuve de vos résultats.

Le « prix juste » n’existe pas, il dépend des bénéfices apportés :
Si votre travail permet à une entreprise de générer des millions, vous pouvez facturer des montants bien plus élevés (parfois jusqu’à 100K € 😲), à condition d’avoir des données concrètes à l’appui (ex. ROAS ou analyse de coût 📈). 

Devenez un conseiller de confiance :
Si le client ne perçoit pas encore la valeur ajoutée que vous lui apportez, c’est votre rôle de lui faire comprendre les bénéfices.

🏛️ Intermittence vs Auto-entreprise :
Les intermittents bénéficient de prestations sociales (chômage, retraite, congés maladie, aides via l’AFDAS). À l’inverse, les auto-entrepreneurs doivent supporter des charges supplémentaires comme l’Urssaf et la CFE. Il est donc logique de répercuter ces frais sur vos tarifs.

⚠️Attention aux frais invisibles :
Toutes les charges liées à votre activité (caméra, objectifs, logiciels (Adobe, CRM, Artlist…)) ne sont pas déductibles … Ce sont des frais de fonctionnement que vous devez pensez en amont.

Si votre client économise déjà sur les charges liées à l’intermittence, vous pouvez légèrement augmenter vos prix.
NB : Si vous souhaitez augmenter vos tarifs, une facture de 320 € vous permettra de toucher environ 250 € nets.

 

2-3 : facturez votre matériel !

De nombreux professionnels louent leur matériel pour chaque prestation. Si vous avez investi dans votre propre équipement, il est légitime d’en tenir compte dans votre tarification.

Par exemple, si vous utilisez un Sony Alpha 7R III, un objectif 24-105 mm f/4 (diaph constant), un Mavic Air 2 Pro, des panneaux LED et un stabilisateur, ces équipements représentent un coût important. Inclure leur amortissement dans vos tarifs vous permet de rentabiliser votre investissement et de garantir un service de qualité.

Si mon client me demande d’utiliser tout mon matériel, cela représente un coût de 349 euros par jour.

Si vous utilisez régulièrement votre équipement pour une prestation, tout en étant rémunéré à votre juste valeur, ajoutez ce coût à votre tarif de base. Vous pouvez ainsi partir d’un tarif brut de 250 euros et y inclure l’amortissement de votre matériel.

Peu de vidéastes le font. Beaucoup acceptent des prestations à 250 euros par jour en apportant leur propre matériel, mais cela reste une piste de négociation essentielle. De nombreux professionnels se retrouvent lésés en ne prenant pas ce facteur en compte. Vous n’êtes pas obligé de facturer votre matos au prix des boites de loc, vous pouvez faire une ristourne, mais c’est bien que votre client en ait conscience. 🙂 

2-4 : Quelques exemples de prix

Ne facturez ni trop cher, ni trop bas. Un tarif excessif peut faire fuir un client, tandis qu’un prix trop bas peut susciter la méfiance. Un peu comme si vous trouviez une voiture à 500 euros…
On se demande vite : « Où est le piège ? »

Pour vous donner une idée des prix pratiqués, voici quelques sites qui affichent leurs tarifs :

« Compte tenu du matériel, de la formation et des charges d’une équipe vidéaste, une journée de tournage de qualité doit être devisé entre 500 et 1 000 euros minimum. Une journée de montage doit être devisé entre 350 et 700 euros minimum. Dans le cas contraire, il est essentiel de s’interroger pour comprendre la raison d’un tarif aussi bas. Il n’y a pas de miracle, c’est forcément que des économies sont faites au détriment de la vidéo.

Dès lors que vos projets nécessiteront un studio, des modèles pros ou encore des prestataires supplémentaires, le budget global s’élèvera très souvent à 5 000 euros minimum et sans limite supérieure. » – Agence KZN

Conclusion :

Il existe autant de tarifs que de projets, mais la négociation joue également un rôle clé !

Nous verrons donc dans un prochain article comment gérer un entretien client ! 

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire ou à mettre un petit merci afin de m’aider sur le référencement de mon site 😉 

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1 réflexion sur “Comment facturer sans se faire arnaquer ? Partie 1 : Définir son prix :”

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