Le personnage de cinéma – Partie 1 (les bases) :

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Dans cet article (et les deux autres qui suivrons) nous allons parler de la psychologie d’un personnage de cinéma (ou de fiction en général).
Pour qu’il soit crédible il faut qu’il soit humain, qu’il ait des failles, des réflexions et des mimiques bien à lui. Alors cet article n’est pas là pour donner une liste exhaustive de ce qui constitue la psychologie d’un personnage mais pour vous aider dans votre réflexion. Je n’utilise pas toujours tous les outils pour chacun de mes personnages, mais certains outils en fonction du personnage que j’aborde.
Donc sans plus tarder, entrons dans le vif du sujet ! 

La base de votre personnage – le rendre réaliste :

femme robot

Tous vos personnages doivent porter un regard sur le monde, que vous le rendiez explicite ou non.

Un auteur doit avoir de l’empathie pour se mettre à la place de ses personnages, imaginer des réactions et avoir des points de vue uniques sur le monde etc.
Comprendre la logique interne de vos personnages permet de les rendre vivants et réalistes en fonction de leurs interactions.

Il y a 10 ans, lorsque j’ai commencé à écrire mon premier roman je me suis rendu compte que chacun de mes personnages pouvait avoir des réactions très différentes en fonction du mood dans lequel j’étais quand j’écrivais. Comme je n’avais pas approfondi leur psychologie, j’imaginais leur réaction mais mon personnage principal pouvait être à la fois timide en début de chapitre et colérique sur la fin sans raison apparente.
Donc comprendre votre protagoniste et les autres permet de créer des dialogues et des situations pertinentes et cohérentes. 

Les émotions n’ont pas forcément besoin d’être rationnelles mais elles doivent toujours suivre la logique interne de votre personnage.

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C’est à travers les yeux du protagoniste qu’on va découvrir le monde et évoluer avec lui, on doit donc avoir de l’empathie, vous devez lui donner une certaine humanité (même si c’est un personnage bourru) pour que le spectateur puisse s’impliquer dans ses motivations et ses défauts.
Quelque chose doit fasciner en lui mais les défauts sont importants pour rendre votre protagoniste humain et proche du spectateur.

Un défaut n’a pas besoin d’être très flagrant, mais il peut être colérique, inattentif à certaines choses, ou être trop prétentieux et orgueilleux pour saisir la véritable menace qui l’entoure …
Attention aux clichés comme l’alcoolique de service pour un thriller par exemple.

démon diable

Pour l’antagoniste :
L’antagoniste doit être doué pour poser des dilemmes au héros, il doit être assez fort pour lui donner du fil à retordre et augmenter les enjeux et le challenge au fil de l’histoire. Il n’a pas besoin d’être très fort ou avoir de grands pouvoirs, il doit seulement être le versant opposé au héros qui fera grandir ce dernier suite à leur conflit.

Prenons pour exemple un des antagonistes les plus populaire du cinéma : le joker. Même si celui-ci est loin de rivaliser avec Batman sur le plan physique, il a le don de lui créer des dilemmes. Dans the Dark Knight, il doit choisir entre sauver la famille de Gordon ou sauver les prisonniers des deux bateaux remplis d’explosifs, mais en plus de ça, le Joker fait tout pour changer Batman, le faire douter de ses actions et de leurs bienfaits.
Il est parfait pour Bruce Wayne car il ne lui met pas seulement des bâtons dans les roues, mais il brouille son esprit, le fait douter, remettre en question, c’est ça la vraie valeur d’un antagoniste

Les méchants de thrillers mentent de manière habile et trompent le monde et si vous écrivez une histoire du type (avec un antagoniste humain) ne soyez pas trop manichéen sur la construction de votre personnage. 

Vous devez comprendre leur logique puisque vous devrez l’expliquer, que ce soit une vengeance ou une cause ethniquement bancale, le spectateur doit comprendre le « méchant »…
(Et si vous arrivez à lui faire éprouver de l’empathie pour votre antagoniste c’est gagné !)
L’antagoniste restera convaincu que sa transgression est justifiée et que sa cause est juste ; de son point de vue, il a raison, mais pas dans votre récit.
En règle générale, l’antagoniste ne change pas, contrairement au héros, et c’est ce qui le mène à sa perte. 

Morale et jugement de valeur :

pancarte

Le point du vue du personnage se base sur un système de croyances et de valeurs en fonction de son vécu, éducation, classe sociale, conviction spirituelle et religieuse, goût, sensibilité etc.
Attribuez-lui des défauts et des qualités et n’oubliez pas qu’un défaut par exemple, n’en est vraiment un que dans le regard de celui qui juge. Pour donner un cas de figure, prenons une personne qui parle beaucoup :  il est tout à fait possible de tomber sur des gens qui apprécient ce trait de caractère et d’autres qui le voient comme un défaut.

Le monde n’est qu’un reflet, une projection mentale qu’on se fait (on y voit des corrélations illusoires, des angoisses sans fondement, des phobies etc.) En d’autres termes, on construit notre réalité, nos bonheurs et nos démons.

tasse ying yang

Dans une même situation essayez de mettre des personnages qui peuvent réagir de manière opposée, c’est toute la diversité humaine et c’est ce qui est intéressant à traiter, ne soyez pas moralisateur mais laissez les personnages s’exprimer et se contredire entre eux !
En effet, face à une même situation, un raciste, un écologiste, un humaniste, un croyant, un spirituel etc. réagiront différemment.

Pour Sydney Field (Sydney Alvin Field, théoricien du cinéma, auteur de Screenplay: The Foundations of Screenwriting et de plein d’autres livres), l’auteur doit d’abord définir le besoin de son personnage (sa quête, objectif, enjeux etc.) puis définir son point de vue.
Mais le point de vue ne doit pas être un jugement de valeur moralisateur, même un méchant possède un point de vue mais c’est au spectateur de se demander si ce point de vue est bon ou mauvais.
L’antagoniste agit en fonction de son système de valeur et ne pense pas toujours qu’il agit mal (c’est même souvent l’inverse)

Que ce soit extrême pour l’antagoniste ou non, bien définir les points de vue permet de créer du conflit plus facilement mais il est à différencier du comportement ou de l’attitude comme le dit Syd Field.
Pour lui l’attitude est la conséquence du jugement, après avoir jugé que quelque chose est négatif ou positif, son attitude pourra être de la colère, du cynisme, de la naïveté ou autre.

Lorsqu’on est convaincu d’avoir raison ou tort, qu’une situation est bien ou mal c’est dans tous les cas une sorte de jugement vécu par le personnage, donc attention à ne pas trop écrire de texte moralisateur, laissez les actions parler d’elles-mêmes.

Si un de vos personnages est moralisateur, ça peut être un trait de sa personnalité, mais faites attention à ce que tous vos personnages ne soit pas une excuse pour que vous (en tant qu’auteur) puissiez faire la morale à une strate de gens. Exprimer un point de vue sans en faire des tonnes sur le pourquoi du comment, laissez aussi les actions parler. Le fait d’exprimer tout votre mépris pour une chose en particulier, sans donner de solution, rend la chose très moralisatrice et presque ennuyante. Laissez les actes parler et le spectateur se faire son propre avis.

Pensez aussi que tous les points de vues peuvent cohabiter comme les différents archétypes d’une série.
Dans Friends, Brooklyn 99, The big bang theory, How I met Your mother etc. chaque personnage représente un archétype qui permet de créer des duo polarisés. En d’autre terme chaque personnage peut interagir avec un autre et créer un autre duo.
On a Chandler et Joey (Le cynique et le « débile ») / Monica et Rachel (La maniaque compétitive et la princesse fragile) et ainsi de suite.
On appellera ici duo polarisé, les couples de personnages du type : le calme et le colérique, l’idiot et l’intellectuel etc.

C’est la fin de la première partie sur la construction du personnage au cinéma ! N’hésitez pas à partager autour de vous et à poser des questions en commentaires ! Sinon je vous souhaite une très bonne journée et à plus pour d’autres articles !

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