Tout savoir sur l’étalonnage – Partie 1

Dans cet article nous verrons les bases de l’étalonnage point par point et tout ce qu’il vous faut pour bien commencer ! Nous verrons chaque outil que propose Adobe Premiere Pro dans l’ordre et comment les utiliser donc sans plus tarder, c’est parti :

Avant toute chose :

Essayez d’avoir une exposition parfaite au moment du tournage pour ne pas perdre d’information dans les hautes ou basses lumières. Si malheureusement un de vos rush est surexposé (on dit que les blancs sont cramés) il n’y aura aucune information à récupérer à cet endroit (de même pour la sous exposition lorsque les ombres sont bouchées).

Donc essayez de shooter avec un profil flat (plat en français). Ce type de profil semble presque désaturé, avec très peu de contraste et permet de garder toute la gamme dynamique de l’image

Pour ceux qui ne le savent pas, la gamme dynamique (ou plage dynamique) d’une image (ou d’un capteur) est sa capacité à retranscrire des situations de lumières contrastées. Lorsqu’une scène présente de gros écarts de valeur entre les tons sombres et les tons clairs, tout en gardant de l’information dans ces zones, ont dit que la plage lumineuse est très étendue. En d’autres termes, la dynamique est le rapport entre la plus grande à la plus petite valeur d’une grandeur.
Une plage dynamique faible aura donc tendance à perdre de l’information dans les hautes ou les basses lumières.

Cela étant dit, sachez que le processus d’étalonnage comprend plusieurs étapes :

  • La correction colorimétrique (color correct) :
    ce sont les réglages de bases : exposition, contraste…
  • Puis l’étalonnage (color grading) :
    modification de teintes etc.

Pour ne pas faire de contre-emploi ou détruire l’effet recherché vous devez modifier votre image dans l’ordre. Adobe Premiere Pro n’a pas mis l’ordre des paramètres que vous pouvez-voir ci-dessus au hasard. Ces différents onglets sont affichés dans l’ordre dans lequel les modifier.

Gardez en tête que vous pouvez réinitialiser l’effet Lumetri appliqué en cliquant sur la flèche en haut à droite :

Sur ce, concentrons-nous sur les outils de « Couleur Lumetri » :

Et sans plus attendre commençons avec le premier onglet :

Correction de base :

Cet onglet sur les corrections de bases est assez simple à comprendre donc nous irons vite :

Si vous modifiez un paramètre, vous pouvez revenir à l’état initial en double-cliquant sur le curseur que vous avez bougé.

  • L’exposition vous permet d’augmenter plus ou moins la luminosité de l’image
  • Le contraste permet d’accentuer la séparation entre les zones sombres et les zones claires dans votre image. A savoir que, poussé à fond, ce curseur influe un peu sur la saturation des couleurs.

Maintenant, passons aux quatre paramètres suivants :
– Tons clairs
– Tons foncés
– Blancs
– Noirs

Sachez que ces quatre options sont complémentaires et permettent de modifier le contraste de manière plus précise.

Pour comprendre d’avantage ce qu’ils modifient, regardez cette image :

Tout à gauche se trouve les noirs, juste après les tons foncés, au milieu les tons moyens, puis les tons clairs et enfin les blancs.

En d’autres termes, chaque curseur permet de pousser l’intensité de chaque ton ou la puissance des blancs et des noirs.

Attentions cependant à ne pas pousser le curseur des noirs à fond pour éviter un phénomène de banding :

Pour ceux qui ne le savent pas, voici la définition qu’en donne « les numériques » : 
« Phénomène se manifestant sous forme de bandes horizontales plus sombres que le reste de l’image. Ce défaut est plus facilement visible sur un fond uni et très clair. »
En d’autre terme, le banding (ou effet de bande) crée des bandes par « cassure » de tons dans les dégradés.

Mais plus simplement voici ce que le banding donne en image :

A savoir qu’une image trop contrastée comme celle-ci :

Peut-être rectifier en baissant les tons clairs et en augmentant les tons foncés :

Mais sachez que l’outil « forme d’onde » vous permet de connaitre de manière plus précise le contraste de votre image.

Forme d’onde (luminance) :

Pour trouver l’outil forme d’onde allez dans l’onglet « Fenêtre » puis « Moniteur Lumetri »

(Ce panneau se situe à côté des options d’effet)

Puis faites un clic droit n’importe où dans le panneau Moniteur Lumetri et cliquez sur « forme d’onde globale »

Si vous voulez seulement afficher les tonalités de l’image allez dans « le type de forme d’onde en luminance » :

A SAVOIR :
En sélectionnant « forme d’onde primaire » vous pouvez choisir différents types de « parades »
Mais en sélectionnant « forme d’onde globale » vous pouvez choisir le « type de forme d’onde »

Donc si vous choisissez la forme d’onde en luminance vous devriez avoir quelque chose comme ça qui s’affiche :

Cette onde nous servira à vérifier l’exposition de notre image. Elle se lit de gauche à droite, le pic qu’on voit au milieu représente littéralement la bouteille au milieu de l’image.

Pour ceux qui se demandent pourquoi les valeurs sont numérotées de 0 à 255 :  
Sachez qu’un octet (8 bits) peut avoir 256 valeurs différentes. On code donc le rouge, le vert et le bleu avec une valeur comprise entre 0 et 255. Le système produit ainsi 256 à la puissance 3 codes de couleur, soit 16 777 216, trente fois le nombre de couleurs différenciables par l’humain dans de bonnes conditions.

Au niveau du zéro ce sont les pixels totalement noirs, Sachant que le minimum qu’on admet en termes de noir ce n’est pas zéros mais 0,3 ; et le maximum 100 ça va être ce qui est totalement blanc dans notre image.

Du coup, en regardant cette forme d’onde vous pouvez directement définir le point blanc et le point noir (dans les corrections de base) et être sûr de ne pas vous tromper :

Ne pas oublier de cliquer sur « verrouiller le signal » sinon Adobe ne vas pas nous montrer lorsqu’on est dans les noirs trop profonds.

Au final, cette courbe représente l’exposition des pixels uniquement en noir et blanc :
Sur ce graphique, la valeur 0 (à gauche) représente le noir absolu et la valeur 100 le blanc absolu

Si vous augmentez le contraste d’une image tout en regardant cette courbe vous remarquerez que les tons clairs et les tons foncés vont s’éloigner les uns des autres.
En d’autres termes le contraste rapproche les tons foncés de la valeur 0 et les tons clairs de la valeur 100.

Si en bougeant les différents curseurs (contraste, blanc, noir etc.) vous voyez l’onde adopter une position comme sur l’image ci-dessus, c’est que certaines parties de vos images sont surexposées (cramées) ou sous-exposées (bouchées). Donc faites attention à ne pas dépasser les valeurs de 100 et 0,3.

Vous pouvez aussi faire un clic droit dans la fenêtre « Moniteur Lumetri » et cliquez sur « forme d’onde primaire (RVB) » pour voir la répartition du rouge, du vert et du bleu dans votre image. 

Maitriser les teintes et la balance des blancs :

Pour continuer dans les « corrections de base », vous avez, en haut, des paramètres concernant la balance des blancs :

A savoir que cette petite pipette permet de designer ce qui est blanc dans l’image pour refaire une balance des blancs en post prod. Cliquez sur la pipette et cliquez ensuite sur un bout de l’image qui possède du blanc pour rééquilibrer les teintes. 

Pour ce qui concerne le second curseur (température), gardez en tête que les teintes bleutées et orangées sont assez courantes dans la vraie vie. Si le ciel est orangé ça ne posera pas de problème, mais à partir du moment où vous bougez le troisième curseur (teinte), faites attention. Parce que les nuances de Vert et de Magenta font beaucoup moins naturel… 
A savoir par exemple que certains boitiers Sony captent plus de vert comparé à d’autres boitiers ; ce sera le moment de rajouter un peu de Magenta pour contrebalancer.

Mais attention, si vous poussez seulement un curseur comme ceci :

Le résultat fait un peu amateur… toutes les teintes sont changées de manière uniforme. Ce qui est important c’est que les blancs restent blancs et les noirs restent noirs. Donc pour ça vous devez ouvrir le panneau « Roues chromatiques et correspondance »

Roues chromatiques :

C’est avec l’outil « Roues chromatiques » que nous pourrons refroidir ou réchauffer notre plan de manière ponctuelle.
Mettre ensemble deux couleurs complémentaires (comme l’orange pour la peau et le bleu pour le fond) permet accessoirement de mieux détacher votre sujet du fond, donc pensez-y 😊

C’est là qu’on va modifier l’intensité des ombres et des tons clairs, qu’on va ajouter peut-être du bleu dans les tons foncés et du jaune dans les tons clairs.

Donc utilisez l’outil « température » (dans les corrections de base) pour des ajustements mineurs et les roues chromatiques pour des ajustements plus précis.

Si vous avez trop d’une couleur ajoutez sa couleur opposée pour contre- balancer

A savoir que vous avez également des roues chromatiques dans l’onglet « Créatif » :

Après tout dépend des techniques, des envies et des styles, mais pour la petite astuce :
vous pouvez ajouter pas mal de « vibrance » (qui va d’abord donner un résultat peu réaliste avec des couleurs bien présentes, bien vives) et contre-carrer cet ajout de vibrance excessif en enlevant un peu de « saturation » pour retrouver quelque chose de plus ou moins naturel.

De plus, je me répète, gardez en tête que les onglets d’étalonnage sont mis dans l’ordre dans lequel on doit les utiliser. Donc commencez par utilisez les roues chromatiques dans l’onglet créatif avant de rentrer dans l’onglet spécifique aux roues chromatiques.

Conclusion :

Dans cet article nous avons vu les corrections de bases, le contraste et les tons ainsi que la balance des blancs et les roues chromatiques. Nous verrons dans un prochain article les outils vectorscope, courbe, TSL et comment utiliser un masque et un LUT. Posez vos questions en commentaire et à la prochaine pour un autre article !

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